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Plongée : l'épave du Liban aux abords de l'Île de Maïre

03 août 2018

Elles reposent à plusieurs dizaines de mètres sous la surface de l'eau et constituent autant de balises dans l'histoire du littoral marseillais : 200 épaves (recensées) de navires (et quelques avions) sont ainsi présentes au fond de la rade de la cité phocéenne.
Tout au long de l'été, à travers une série de vidéos, nous allons vous faire découvrir, en images, huit de ces épaves remarquables pour faire remonter à la surface une partie de ce patrimoine maritime.
Ces épaves sont aussi devenues aujourd'hui  - au même titre que la faune ou la flore - des objets de curiosité pour les plongeurs qui explorent nos fonds marins à la recherche de sensations.
 

Episode #4 : l'épave du "Liban"

Ce 7 juin 1903, deux navires de la Compagnie Fraissinet (Compagnie Marseillaise de Navigation à Vapeur) traversent la rade, au même moment, dans des directions opposées.
"Le Liban", un cargo à vapeur, a quitté Marseille une heure plus tôt et fait route pour Bastia. A bord, le commandant Lacotte, un équipage de 44 personnes et environ 150 passagers ainsi que vingt sept sacs de courrier.
La mer est calme et la météo au beau fixe.
Face à lui, "L'insulaire", lui, rejoint la cité phocéeenne en provenance de Livourne, via Nice et Toulon.
Les deux navires sont cap sur cap aux abords de l'Ile de Maïre. Chacun prévient alors qu'il infléchit sa route sur tribord. La manoeuvre du "Liban" est franche" tandis que "L'Insulaire", limité par la présence de l'île sur sa droite, semble opérer un virage à gauche. C'est en tout cas l'interprétation qui est faite à bord du "Liban" qui vire alors à babord toute, commettant l'irréparable. La collision devient inévitable et "L'insulaire" éperonne le "Liban" sur son flanc tribord.
Il est 12h10. Le Commandant Lacotte va tenter veinement d'échouer son cargo en équilibre sur la passe des Farillons (deux îlots prolongeant la face est de l’île Maïre vers le large). Mais déjà l'eau s'est engoufrée dans la soute et le navire s'enfonce par la proue tandis que la poupe se relève jusqu'à ce que l'hélice sorte de l'eau. Le bateau sombre en 20 minutes.
Massés sur le pont, à l'arrière du navire, sous les baches qui les protégeaient du soleil, les passagers vont rester prisonniers de ces toiles et seront entraînés par le fond. 90 d'entre eux vont périr noyés dans le naufrage.

Moins impacté par le choc, "L'Insulaire", plutôt que de venir en aide aux survivants, choisit de rejoindre le port de Marseille pour mettre le navire à l'abri. Cette attitude fera polémique par la suite.
Les survivants seront secourus par 4 navires et de nombreuses barques de pêche qui se sont rendus immédiatement sur place.

Quatre scaphandriers vont tenter pendant plusieurs jours de remonter les cadavres qui se trouvent, pour la plupart à une trentaine de mètres de profondeur. Le rythme de travail est effréné et l'un ses scaphandriers sera victime d'un malaise fatal.

Construit en 1882 à Glasgow, aux chantiers Napier, le "Liban" était long de 91m et large de 11m. Cet ancien des campagnes de Madagascar et de Chine venait de subir une révision complète.


L'épave aujourd'hui

Le "Liban" se trouve sur la face sud de l’île Maïre. La proue contre les Farillons du large, la poupe orientée vers Tiboulen de Maïre. Il repose pratiquement sur une épave romaine.
La proue encastrée dans les rochers se trouve à 32 m de fond. La poupe au plus profond repose à 36 m. L’épave à une hauteur de cinq à six mètres au dessus du fond.
Le Liban est peut être l’épave "la plus plongée" de Provence,
en raison de sa proximité de Marseille et de son intérêt : un grand navire encore bien conservé malgré ses 114 ans, lourd d’un passé historique, dont les moindres recoins sont à visiter.


Les accès pour la plongées sont multiples. Petit, mais proches, le port du Cap Croisette, la calanque de Callelongue (par mistral), le port des Goudes (par vent d’est).
Plus gros, le port de la Pointe rouge.
Accessible par mistral, impraticable par vent d’Est, inconfortable par vent d’ouest ou de sud-ouest, le site est abrité des passages des bateaux, peu éloigné de la côte et le mouillage est facile.
La profondeur reste à la portée de tous les plongeurs et en général l’eau y est claire car peu remuée par les courants.

La proue contre les Farillons est écrasée sur la roche. Les bossoirs subsistent et une ancre est encore à poste. Le pont en bois c’est conservé, mais les mouvements de la coque l’ont déplacé, ondulé même.
Si la cheminée n’existe plus, deux mâts au moins, de section énorme, se sont posés sur le sable, à tribord. Plusieurs chaudières se sont échappées des entrailles du vapeur, dans sa partie médiane, et ont parfois roulé de quelques mètres. L’inclinaison générale du navire est d’ailleurs plus accentuée à l’arrière. La poupe semble coupée du reste de l’épave et encore plus inclinée. Sous un gouvernail immense, sa voûte demeure bien conservée.

Faune et flore : Le "Liban" est couvert de gorgones de toutes les couleurs et de nombreux poissons l’ont colonisé… Il n’est pas rare d’y croiser des espèces de pleine eau, bonites ou thons.

Source : Cmca plongée
Images : D.R.



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