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Plongée : l'épave du Messerschmitt aux abords de l'île du Planier

13 juillet 2018

Elles reposent à plusieurs dizaines de mètres sous la surface de l'eau et constituent autant de balises dans l'histoire du littoral marseillais : 200 épaves (recensées) de navires (et quelques avions) sont ainsi présentes au fond de la rade de la cité phocéenne.
Tout au long de l'été, à travers une série de vidéos, nous allons vous faire découvrir, en images, huit de ces épaves remarquables pour faire remonter à la surface une partie de ce patrimoine maritime.
Ces épaves sont aussi devenues aujourd'hui  - au même titre que la faune ou la flore - des objets de curiosité pour les plongeurs qui explorent nos fonds marins à la recherche de sensations.

Episode #2 : l'épave du Messerschmitt

 
Le 7 Mars 1944, Hans Fahrenberger, capitaine de la Luftwaffe, décolle d'Avignon, aux commandes de son Messerschmitt BF-109, pour intercepter des bombardiers américains B-17 se dirigeant vers Marseille.
Volant dos au soleil, pour se faire repérer le plus tard possible et créer l'effet de surprise, il plonge en piqué vers un des bombardiers, ouvre le feu mais rate sa cible.
Alors qu'il se replace pour un second passage, un panache de fumée sort soudain de son moteur qui cesse aussitôt de fonctionner. Sa seule planche de salut est alors de tenter de ramener son appareil, en vol plané, vers l'île du Planier.
Sur une mer formée, il réussit à amerrir, à quelques dizaines de mètres de l'île. L'avion coule en quelques secondes. Le pilote allemand parvient à remonter à la surface grâce à son parachute qui lui sert de bouée et rejoint l'île à la nage pour s'y refugier. Le lendemain, il est recueilli par un patrouilleur allemand.

L'avion repose, depuis, à 42 m de profondeur. Il mesure 8,65 m de long, 2,49 m de hauteur pour une envergure de 9,87 m et un poids d'environ 3 tonnes. Il disposait de deux mitrailleuses (MG 131) sur le capot moteur et d'un canon de 30 mm (MK 108) dans le moyeu de l’hélice.
Le Messerschmitt BF 109 est l'avion de guerre qui détient le record d'exemplaires produits lors de la seconde guerre avec environ 35 000 unités. Il fut produit de 1935 à 1945. Il pouvait attindre 550 km/h à une altitude maxi de 10 500 m.

Dans les années 70, un groupe de plongeurs marseillais découvrit l’épave du Messerschmitt, tout près des épaves du Dalton et du Chaouen.
L’histoire de ce chasseur est connue, car le pilote a pu être retrouvé par Jean-Pierre Joncheray, spécialiste français des épaves en Méditerranée et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet.
Hans Fahrenberger a raconté à Jean-Pierre Joncheray son amerrissage : "Il se produisit une grande gerbe d’écume, une des pales de l’hélice se tordit comme une allumette et les revêtements métalliques de l’avion se plièrent et se déformèrent comme s’il s’agissait de vulgaire carton. Le Messerschmitt coula en cinq à six secondes comme une pierre. J’ignore encore comment je réussis malgré tout à ouvrir la verrière et à me retrouver dans une bulle d’air qui me porta immédiatement en surface. Si je n’ai pas coulé, c’est seulement grâce à mon parachute, qui me donna la poussée ascensionnelle nécessaire."

 

Le site est peu protégé des vents. La visibilité est souvent excellente.

L’accès à l’épave peut se faire de deux manières :
- soit par largage directement sur l’épave
- soit par amarrage du bateau, au petit quai de la face Nord de l’île du Planier. Descendre le long du tombant jusqu’au sable à 40 mètres, lequel tombant est séparé en deux par une faille rocheuse baptisée "la cheminée".
Puis parcourir environ 50-70 mètres sur un fond de sable, en direction du Nord.

Le Messerschmitt est posé à l’envers sur un fond de sable. L’épave est très abîmée. Le moteur (Daimler-Benz de 1475 cv) est visible mais en mauvais état. Il reste une pale de l’hélice (sur les trois qu’elle comptait), qui commence à s’ensabler. On peut néanmoins encore voir le canon de 30 mm qui se trouve dans le moyeu de l’hélice. Les deux ailes sont toujours fixées à la carlingue et en assez bon état. Par contre l’empennage et la queue de l’appareil sont pliés, pratiquement séparés du reste du fuselage.
Le cockpit n’est absolument pas accessible. On peut encore voir le train d’atterrissage, sorti lors de son amerrissage par le pilote. Il reste un pneu sur le train droit.

Pour le retour, il faut prendre plein Sud jusqu’au tombant, puis la remontée pourra se faire de deux côtés :
- soit roche main droite pour atteindre l’épave du Dalton,
- soit roche main gauche pour atteindre l’épave du Chaouen.
 

Faune et flore : on peut croiser des congres, des anthias, des murènes, des rascasses rouges et des chapons. Un très gros poisson lune fréquente parfois les alentours de l’épave.
La flore, sans être spectaculaire, a donné une magnifique couleur rouge-or au Messerschmitt. Des éponges encroûtantes, des ascidies, des spirographes et sabelles décorent aujourd’hui le métal de l’appareil.

Sources : Scupaspot, ASPPT Marseille plongée, Plongée infos
Image fixe du Messerschmitt :© Guillaume Ruopollo

 

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